DEPAKINE, LE SCANDALE, JE NE POUVAIS PAS ME TAIRE, MARINE MARTIN

Préface d’Irène Frachon

Editions Robert Laffont, 2017

Marine Martin est une lanceuse d’alerte. C’est grâce à son courage et à sa persévérance qu’elle est parvenue à alerter les pouvoirs publics de la dangerosité de la prise de la Dépakine au cours de la grossesse.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous raconte comment la Dépakine est entrée dans sa vie. Epileptique depuis son enfance, ce médicament ne l’a jamais quittée. Même enceinte, elle a suivi scrupuleusement son traitement. Lors de ses deux grossesses, elle a demandé aux médecins qui la suivaient s’il n’y avait aucun danger pour le fœtus d’être traité par le valproate. Ceux-ci ont toujours été rassurants, le seul petit risque, c’était que l’enfant souffre d’un spina-bifida. Ce discours a vraisemblablement été tenu à de nombreuses femmes en âge de procréer et sous Dépakine. Pourtant les enfants de Marine Martin, comme ceux de nombreuses femmes traitées, souffrent de troubles (praxique, autistique, de l’attention, du langage) d’une intensité variable d’un cas à un autre.

Il ressort des recherches menées par une simple citoyenne que, dès les années 80, la littérature scientifique (Lancet) a énoncé les effets sur le fœtus de cet anti-épileptique. D’autres articles, tout aussi alarmants, ont été diffusés par la suite. Il n’empêche qu’en France jusqu’en 2006, le Vidal ne mettait pas en garde les mères épileptiques du risque tératogène du valproate pendant la grossesse. Pire, alors que les effets désastreux de cette molécule commençaient à être connus et signalés dans le Vidal, la Dépakine continuait à être prescrite à des femmes enceintes sans qu’elles reçoivent une information complète sur lesdits effets.

Le combat mené par Marine Martin et son association, l’APESAC, a porté ses fruits. Le 1er juillet 2017 les victimes de cette molécule pourront obtenir à l’amiable une indemnisation de la part de Sanofi et en cas de silence ou d’offre insuffisante, l’ONIAM prendra le relais.