Claude Lienhard
Avocat spécialisé en droit du dommage corporel
Professeur émérite des Universités
Directeur honoraire du CERDACC

 

DANGERS CLIMATIQUES

Les meurtrières inondations qui ont frappé le sud de la France et plus particulièrement la ville Trèbes sont plus qu’un avertissement !

Le risque était connu car ancien.

Néanmoins, l’ampleur du phénomène a surpris.

Dans la nuit du 14 au 15 octobre, l’eau est montée jusqu’à 7,68 mètres à Trèbes en seulement 5 heures.

Les spécialistes soulignent que le climat se radicalise.

C’est l’effet du réchauffement climatique conjugué à des modèles agricoles dépassés et à une urbanisation inadaptée.

L’effroi et la sidération des hommes, des femmes et des enfants concernés a engendré beaucoup d’émotion, puis de solidarité.

Le bilan est lourd sur le plan humain : 14 morts et 75 blessés, des milliers de sinistrés, des dégâts matériels considérables.

Comme souvent, il y a des polémiques sur la prévention et les alertes.

Malgré 250 000 sms d’alerte envoyés, le système reste largement perfectible.

Il va falloir maintenant panser les plaies matérielles mais également aider les victimes à surmonter leurs souffrances psychiques.

La solidarité de la République dont témoigne la visite de son Président, au-delà d’une figure imposée, atteste d’un engagement de l’Etat qui devra s’inscrire dans l’effectivité et la durée.

Il en va de même de l’impératif d’indemnisation qui pèse sur les assureurs.

On attend humanité, lisibilité, rapidité et intégralité.

LE CAS DES ENFANTS NES SANS BRAS, LE DEVOIR DE COMPRENDRE

Des cas groupés de naissance d’enfants venus au monde avec des agénésies des membres supérieurs questionnent et ne peuvent en aucun cas être rangés au rang des curiosités mystérieuses.

Il est regrettable que la lanceuse d’alerte, Emmanuelle Amar, directrice du Remera (Registre des malformations en Rhône-Alpes) fasse l’objet d’une remise en cause statutaire.

A raison, Corine Lepage rappelle la nécessité de protection dans une telle situation.

Il semble qu’après réflexion le Ministre de la santé et de l’écologie se soit « ressaisi ».

Une enquête avec l’ANSES et Santé publique France a été annoncée.

Il faut comprendre.

Pour comprendre il faut chercher et s’en donner les moyens puis il faudra informer loyalement et en transparence.

SELFIES TUEURS

Les nouvelles pratiques induites par l’utilisation massive quotidienne des réseaux sociaux ne sont pas sans danger.

Selon une étude publiée dans le « Journal of Family Medecine and Primary car » 259 personnes sont décédées en prenant un selfie entre le mois d’octobre 2011 et le mois de novembre 2017.

Rapporté à une année cela équivaut à 43 décès par an.

Les accidents se sont produits en Inde, Russie, Etats-Unis et au Pakistan.

Les victimes sont principalement décédées de noyade, d’accidents de transport et de chute.

La question posée ici est celle de la prévention par rapport à des comportements à risque liés à l’insouciance et à l’imprudence.

Les mêmes ingrédients qui génèrent les accidents routiers mais aussi les accidents domestiques.

On pourrait imaginer que des messages de prévention apparaissent régulièrement directement sur les téléphones portables au moment de certaines manipulations ou prises de vue.