Claude Lienhard,
Avocat spécialisé du droit du dommage corporel
Professeur émérite des Universités
Directeur honoraire du CERDACC

 

Le 11 décembre, au soir, au cœur de Strasbourg un assassin radicalisé semait l’effroi, la mort.

Sur son parcours la sidération.

Puis la traque et le réel soulagement du dénouement.

Dimanche matin, place Kléber, l’initiative citoyenne forte et chaleureuse a permis de partager un moment intense d’émotion et d’espoir.

Faire face ensemble.

Strasbourg a une longue tradition de solidarité, d’entraide et d’aide.

Les victimes, toutes les victimes, les proches des personnes décédées, les personnes blessées, celles et ceux qui ont été impliqués pour avoir vu, entendu, senti le souffle de la mort, constituent désormais une grande famille dont il faut prendre soin.

Nous nous devons de les accompagner pour toujours.
C’est un besoin pour les victimes et c’est un devoir pour nous.

Les réactions ont été exemplaires. Chacun a salué l’engagement des forces de police et de gendarmerie. Chacun se souviendra de la mise en place sans délai du centre d’accueil des familles (CAF).

La ville de Strasbourg, les services de la préfecture, la CUMP, les associations d’aide aux victimes  ont été au rendez-vous.

Il faut dire que la situation avait été anticipée et préparée car la menace était malheureusement connue.

Après le temps de crise, et celui des hommages, voici désormais le temps du droit.

Il s’inscrit dans la durée et les démarches vers les victimes doivent s’insérer dans l’effectivité, au plus près des dommages subis et des préjudices qui en découlent.

Ainsi sera organisée une réunion locale du Conseil de l’aide aux victimes (CLAV) puis seront mis en place un Espace d’Information et d’Accueil (guichet unique), un accompagnement psychologique et juridique dans les démarches indemnitaires et pour savoir la vérité.

La réparation doit être intégrale et tenir compte de la spécificité des conséquences.
C’est aussi l’heure du Fonds de Garantie (FGTI).

Il faut que cette nouvelle étape soit digne et à la hauteur de ce qui fut fait jusqu’à présent.

Chacun en est le garant.

Personne ne doit l’oublier. La solidarité s’éprouve dans le temps.