Claude Lienhard

Avocat spécialisé en droit du dommage corporel
Professeur Emérite de l’Université de Haute-Alsace
Directeur honoraire du CERDACC

 

Préparer chaque mois l’éditorial du JAC amène à parcourir quotidiennement et même plusieurs fois par jour la presse dans toutes ses déclinaisons matérielles et dématérialisées.

Le flot d’information est quasiment continu. On peut facilement s’y noyer.

En même temps une notification, une information, en chasse une autre sans autre hiérarchie que la chronologie des notifications.

Nous vivons sous l’emprise au moins relative des faits divers de toute nature dont certains prennent parfois une importance hors norme et récurrente.

Chaque fait divers nous dit cependant quelque chose comme symptôme de notre société.

Les titres ne sont jamais anodins que le média soit un média national ou un média de la presse quotidienne régionale (PQR).

– Accident de Pluvigner : le conducteur habite le même hameau que les victimes – Bretagne – Le Télégramme (21.02.2021)

Le conducteur et les deux piétonnes fauchées par son véhicule résidaient dans le même où s’est produit l’accident.

Ceci rappelle tout simplement que les accidents arrivent souvent près de chez soi, dans un environnement familier.

Ici le conducteur âgé de 61 ans a fauché deux victimes âgées de 93 ans et 61 ans.

Les deuils individuels vont devoir se conjuguer avec un deuil collectif et une cohabitation de l’auteur, des familles des victimes et de la communauté dans laquelle ils étaient tous impliqués.

– Accident mortel à Castres : le drame du 8ème RPIMA à la barre – ladepeche.fr 03.02.2021

« Ils étaient potes autant que collègues du 8ème RPIMA »

Le soir du 4 mai 2018 au sortir d’un restaurant, quatre personnes à bord de la FIAT 500 qui circule trop vite.

Là encore vitesse et proximité.

Le militaire qui conduisait est condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Le prix pour un passager décédé et deux autres gravement blessés.

– Lorient : Cinq ans de prison ferme pour le chauffard qui avait fauché deux enfants – 20 minutes avec AFP 16.02.2021

Ce fait divers avait été très largement médiatisé.

Le jeune homme de 22 ans avait percuté deux enfants en juin 2019 à Lorient, tuant le premier et blessant grièvement le second.

Au-delà du titre, c’est à six ans de prison dont un an avec sursis probatoire pendant trois ans pour homicide involontaire aggravé et blessures involontaires, conduite sans permis avec récidive et non-assistance à mineur en danger qu’est condamné le conducteur.

Sa passagère et ex petite-amie a elle été condamnée à un an de prison assorti d’un sursis probatoire de deux ans et d’une obligation de travail, de soins pour non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger.

Le chauffard comparaissant libre a été placé sous mandat de dépôt.

Une réponse judiciaire ferme et rapide, l’accident s’étant déroulé en juin 2019.

On notera que le tribunal s’est longuement penché sur la relation unissant les prévenus.

Il décrit la passagère, sa compagne, comme toxique, liée à un compagnon qui « l’enfermait ».

Elle avait déposé plainte avant le drame pour harcèlement et violences (Le Figaro rubrique faits divers avec AFP 16.02.2021)

On retiendra que bien souvent les violences ne sont pas univoques : un conducteur violent et parfois aussi violent dans d’autres circonstances de la vie d’où l’importance de repérer ces comportements violents le plus tôt possible et de les traiter préventivement et répressivement si nécessaire.

– Effondrement mortel de la scène lors d’un concert de Madonna : le verdict tombe à Marseille, 12 ans après les faits

 Au-delà de la condamnation des entreprises et de certaines personnes physiques responsables de l’accident qui avait fait deux, ce qu’on retiendra ici c’est le délai qui à l’évidence ne peut être considéré comme raisonnable pour une réponse judiciaire.

Il serait possible dans cet éditorial d’égrainer d’autres événement de faits divers et leur analyse relève de la « never ending story ».

Chacun d’entre eux à sa façon nous parle de nos dysfonctionnements auxquels il faudrait pouvoir remédier.