Familles face au grand âge

Réalités familiales 2019, n° 128-129

 

LU POUR VOUS PAR :

Isabelle Corpart

Maître de conférences à l’Université de Haute-Alsace HDR

Membre du CERDACC

 

La dernière publication de l’UNAF, dans son magazine Réalités familiales (revue thématique et trimestrielle) traite d’une question qui concerne la vulnérabilité des personnes qui vieillissent. Un tour d’horizon fort intéressant est proposé dans ce numéro qui fait des constats et recherche des solutions pour venir en aide aux seniors et à leurs familles. La perte d’autonomie, la dépendance, le vieillissement, la solitude, la baisse du niveau de vie, la précarité, la maladie des parents très âgés obligent les familles à soutenir leurs aînés. Les politiques publiques se mobilisent et des aides matérielles peuvent être obtenues mais ce n’est pas suffisant pour bien accompagner les personnes vieillissantes et leur assurer une fin de vie honorable. Les familles sont beaucoup sollicitées mais certaines ne peuvent pas assumer ces charges, d’autres le font mais sans que ce soit suffisant et les aidants montrent, parfois, des signes d’épuisement et de découragement. La solidarité familiale est au cœur de ces questions qui appellent des réponses juridiques, notamment s’agissant des obligations alimentaires des familles à l’égard de leurs ascendants ou des relations entre les grands-parents et leurs petits-enfants. Il faut aussi organiser la protection des personnes, signaler des cas de maltraitance, développer des aides à domicile, adapter les logements, organiser les soins, aider les personnes âgées à accéder à leurs droits et lutter contre leur isolement et leur précarité. De nombreuses pistes de réflexion sont offertes dans ce numéro qui fait aussi état d’une approche éthique et bienveillante à l’égard de nos aînés. Face à cette question sociétale urgente liée au grand âge que compliquent la dispersion des familles, leurs problèmes financiers, la taille et la localisation des logements, des efforts sont faits pour aider les familles qui aident leurs ascendants (en recherchant par exemple la responsabilité des entreprises vis-à-vis des aidants), mais aussi pour favoriser et développer la participation sociale des aînés, tout en créant des réseaux autour des familles. Que faire pour vieillir et vivre mieux ? Que faire pour vieillir à domicile ? Des pistes intéressantes sont proposées avec, par exemple, l’habitat multigénérationnel, le développement d’actions intergénérationnelles, la médiation familiale pour couples âgés, la gérontologie et l’engagement des territoires. Il ressort de ce dossier que les familles doivent être soutenues pour faire face au grand âge et à la perte d’autonomie. Attention toutefois à l’âgisme qui tend à éradiquer la vieillesse, à la combattre, faisant que les générations ne se rencontrent plus et ne s’épaulent plus. Il faut inverser les choses pour ne plus considérer la vieillesse comme une charge mais comme une chance et c’est ce que diront tous ceux qui ont de bons souvenirs avec leurs grands-parents. Il faut aussi soutenir l’engagement bénévole des seniors, leur donner un rôle social contribue à leur bien-être. Sans leurs familles à leurs côtés, quel serait l’avenir de ces personnes que leur grand âge rend de plus en plus vulnérables ! Avec l’allongement de la durée de la vie, il est essentiel que les familles puissent compter sur des politiques publiques à la hauteur des enjeux. Ce numéro devrait faire prendre conscience de l’ampleur des problèmes.