Claude Lienhard
Avocat spécialisé  du dommage corporel
Professeur émérite des Universités
Directeur honoraire du CERDACC

 

Héros d’ailleurs

Une fois n’est pas coutume cet éditorial sera consacré à un livre édité en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l’écologie sur internet https://reporterre.net/ et les éditions du Seuil.

Il est écrit par Elisabeth Schneiter, journaliste indépendante, qui nous parle des héros de l’environnement.

Alors qu’un grand débat traverse notre société démocratique il faut savoir, qu’en 2017, 207 hommes et femmes écologistes ont été tués dans le monde, soit près de quatre par semaine.

Ils ont été assassinés parce qu’ils défendaient leur terre, leur rivière, leur mode de vie contre des industries extractives et des gouvernements complices.

Ils ou elles voulaient construire « autre chose », imaginaient d’autres vies voire des vies différentes.

Ils se battaient pour la forêt, pour les éléphants, pour les gorilles. Contre des industries nocives, pétrolières, chimiques. Contre la corruption et l’impunité.

Ils avaient à leurs côtés des avocats eux-mêmes objet de lourdes menaces et parfois de passage à l’acte.

Le tout avec souvent des Etats jouant un double jeu.

 

Victimes et droit au logement

Plus de deux mois après l’effondrement fatal d’un immeuble, rue d’Aubagne à Marseille, qui a fait huit morts le 5 novembre 2018 très peu de personnes ont pu retourner chez elles.
La majorité des personnes évacuées et déplacées sont des « naufragés » des taudis.

Le collectif du 5 novembre  « Noailles en colère » propose une charte du relogement énonçant des situations catastrophiques et un désespoir grandissant des personnes évacuées. Cette charte prône « le droit à la ville », avec « un accès à son travail, au service public, à l’espace public ainsi qu’un droit à réparation ».

La coordination de soutien psychologique et psycho-social mis en place par la ville de Marseille, la préfecture au sein de l’AVAD (Association d’Aide aux Victimes d’Actes de Délinquance) met en évidence les peurs, les angoisses, les inquiétudes et le besoin de perspective.

L’explosion survenue le samedi 12 janvier 2019 au matin rue de Trévise à Paris dans le 9ème arrondissement et le traitement en urgence et dans la durée de ses conséquences pose exactement les mêmes questionnements.

Il y a un impératif fort de mise en place d’un dispositif d’accompagnement au logement des victimes.

Il faut une approche complète, pluridisciplinaire et dans la durée et surtout ne pas exposer les victimes à la complexité assurantielle.

Les dispositifs doivent être pilotés au quotidien.

Les CLAV (Comités Locaux d’Aide aux Victimes) sont certes de nouveaux outils intéressants.

Ils doivent faire preuve de leur pertinence au quotidien.