Amélie Robine

Avocate associée au sein du cabinet Beaubourg Avocats, Paris

 

Selon la réglementation européenne, les vaccins sont considérés comme des médicaments immunologiques, en ce qu’ils consistent en des solutions contenant des virus, bactéries, parasites, fragments de microbes ou substances toxiques.

Leur mise sur le marché est donc assujettie aux mêmes conditions que celles applicables aux médicaments. Avant d’être commercialisés, les vaccins doivent faire l’objet d’essais cliniques visant à évaluer leur sécurité d’emploi, leur efficacité et leur qualité. Lorsque ces essais, qui nécessitent généralement dix à quinze ans de recherche, se révèlent satisfaisants, les vaccins obtiennent une autorisation de mise sur le marché. Cette autorisation de commercialisation est délivrée par les autorités sanitaires.

L’épidémie de Covid-19 a favorisé la mise sur le marché accélérée de nouveaux vaccins. Ainsi, plusieurs vaccins sont commercialisés, alors qu’ils ont fait l’objet de quelques mois ou années de recherche seulement, engendrant des problématiques juridiques tant pour les professionnels de santé que pour les patients.

Au terme du Code de la santé publique, les médecins doivent, en effet, délivrer à leurs patients une information claire, transparente et adaptée, fondée sur les données acquises de la science. Ils doivent, en outre, s’interdire de faire courir à leurs patients un risque injustifié. Se pose, dès lors, la question de savoir comment les professionnels de santé seront à même de respecter ces obligations s’agissant des vaccins contre la Covid-19.

Du point de vue du patient, il importe de concilier les principes de sauvegarde de la dignité de la personne humaine et du droit à la vie avec celui du droit au consentement libre et éclairé.