CONFERENCE « APRES L’ATTENTAT, AIDER ET DEFENDRE LES VICTIMES », organisée par L’ADERDOC (Association défense et réparation du dommage corporel) et le CEFDOC (Centre européen de formation au dommage corporel), 9 mars 2018, Faculté de médecine de Montpellier.

Ces actes ont été retranscrits par David BARDIN, étudiant en Master 1, Droit de la santé à l’Université de Montpellier. La forme orale des débats a été conservée. La deuxième partie sera publiée au JAC n° 177.

Maître Catherine SZWARC, présidente de l’ADERDOC accueille les participants :

« Merci d’être présent à l’occasion de cette conférence que nous avons organisée. Je tiens bien évidemment à remercier chaleureusement la faculté de médecine, symbole de l’histoire de Montpellier, pour avoir mis à notre disposition cette salle. Je souhaite également chaleureusement remercier, notre équipe et en particulier Maître Christophe BARRAL et Maître Amélie ANDRE-VIALLA qui ont contribué à la mise en place de cette conférence. L’association ADERDOC, association de défense et réparation du dommage corporel que je représente, a  souhaité organiser cette conférence à Montpellier, parce ce que, comme toute grande métropole, notre ville peut être la cible d’un attentat, et sur la prise en charge des victimes après un attentat parce qu’après les attentats de Paris, Nice et Barcelone, après l’adaptation du dispositif des pouvoirs publics, il est temps de faire un retour d ‘expérience.

C’est bien là le rôle de l’ADERDOC, dont le statut et le projet sont de faire avancer le droit des victimes, leur prise en charge et de partager les connaissances, d’où les thèmes que nous avons retenu cet après-midi qui permettront à chaque acteur de donner une vision complète et globale de tout ce qui doit être fait dans l’urgence et dans la durée pour la prise en charge des victimes. La conférence est enregistrée et les actes du colloque ainsi que les débats seront publiés dans le Journal des accidents et catastrophes. Je vais maintenant laisser la parole aux différents représentants des autorités officielles. Ensuite, Christophe ALBIGES, Professeur de droit, qui présidera les débats et la conférence ».

Madame la représentante du maire Madame Lorraine Acquier, adjointe déléguée à la sécurité, aux relations publiques et aux affaires militaires souligne que l’intérêt de ce colloque réside dans la grande qualité des intervenants. Elle transmet les excuses de Monsieur Philippe SAUREL, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, qui  est retenu par ailleurs mais souhaite exprimer sa volonté et celle des élus de la ville de Montpellier et de sa métropole d’être présents, pour accompagner, au mieux, leurs concitoyens qui pourraient être victimes, un jour, d’un attentat. Elle estime que « la victime d’un attentat n’est pas un sujet de droit ordinaire. C’est un homme, une femme, un enfant meurtri sur le plan physique, psychique, psychologique, moralement et socialement. Lorsqu’une personne est victime d’un attentat, elle se trouve entrainée dans une spirale, souvent vertigineuse, avec des conséquences multiples, que l’on connait désormais assez bien, mais aussi des effets secondaires que l’on mesure sans doute moins parce qu’ils ne peuvent se régler uniquement avec des droits et des indemnisations. »

Sont prises en considération les victimes directes qui ont vécu dans leur chair, l’attentat, mais également leur entourage (les conjoints, les parents, les enfants). Elle lisait, dernièrement, « que les enfants à naître qui ont vécu Nice dans le ventre de leurs mères avaient été affectés et que cela se voyait dès la naissance ». Elle pense « aux enfants devenus orphelins et que la Nation reconnait de manière particulière en leur donnant le statut de pupilles de la Nation. Un statut qui n’est pas récent puisqu’il a été créé en 1917 pour venir en aide aux milliers d’orphelins de la Grande Guerre. Un statut que les attentats terroristes, les plus récents ont malheureusement remis dans la lumière. »

La représentante du maire croit, et sa présence au colloque le montre, « que la prise en charge des victimes d’attentats est un véritable sujet d’actualité et que son amélioration, sa professionnalisation sont une impérieuse nécessité. Cela fait près de trente ans que des réflexions sont menées, trente ans que l’actualité nous donne, régulièrement, l’occasion d’éprouver nos dispositifs sans que cela semble suffire pour que soit mise en place une véritable politique globale de prise en charge, aussi humaine qu’efficace. Mais avec ce qu’il se passe depuis 2015 et la multiplication des attentats, ou des tentatives sur l’ensemble du territoire et plus seulement à Paris, la prise de conscience de nos concitoyens est bien plus forte. Chacun sait désormais que cela peut arriver n’importe où, n’importe quand et toucher n’importe qui. Alors oui, nous avons, collectivement l’obligation d’agir et d’anticiper. Agir bien-sûr au moment de l’attaque, les derniers attentats ont montré, la force et la professionnalisation des acteurs de sécurité que ce soient les forces de l’ordre ou le personnel de santé. » Elle souligne encore l’importance de considérer ces événements dramatiques comme des faits de guerre, notamment sur le plan des blessures morales et physiques.

« Au niveau local, comme la plupart des communes, je pense que de nous devons essayer de prendre notre part dans le  dispositif d’anticipation, de prévention et de gestion immédiate des attentats en lien avec la préfecture, les forces de l’ordre et le CHU. Tout est prêt pour aller vite : les caméras de vidéosurveillance, le plan communal de sauvegarde, les hébergements d’urgence, le plan de formation de prévention et de radicalisation que nous avons mis en place au sein de la ville et de la métropole de Montpellier. Nous avons, jusqu’ à présent, été épargnés mais nous avons été amenés à accompagner la famille d’ Hugo Sarrade, étudiant Montpelliérain décédé au Bataclan, en lui facilitant, au maximum, les démarches administratives liées aux funérailles et à l’enterrement.

Mais tout cela, c’est pour le tout de suite, pour l’urgence, une fois passé ce temps de l’urgence absolue, il reste tant à faire, il reste à réapprendre à vivre. Et apprendre à vivre comme avant, alors même qu’on ne sera plus jamais vraiment le même, recommencer à travailler, au même endroit, où plus sûrement ailleurs, réapprendre à sortir, redonner un sens, une direction à sa vie, même si l’on n’a pas les réponses à toutes les questions qui doivent, j’imagine, nous obséder. Là encore, l’expérience et l’expertise de l’armée, dans le domaine de l’accompagnement des soldats en reconversion, après une blessure qu’elle soit physique ou liée à un stress post-traumatique, me semble intéressante et souligne la nécessité, d’une prise en charge pluridisciplinaire des rescapés sans se limiter à la prise en charge juridique et psychologique.

Elle termine avec une interrogation, sans doute plus personnelle, liée à sa délégation aux affaires militaires et au devoir de mémoire. « 14-18, c’est 1000 tués par jour, la nation, à jamais reconnaissante, a pris en charge, la mémoire de chacun de ces « poilus » morts pour la France, dans le cadre d’une mémoire collective, en gravant le nom de chaque soldat sur un monument aux morts et en commémorant le 11 novembre. C’est également, le cas pour toutes les guerres et toutes les opérations extérieures auxquelles la France a participées. Et pour les victimes des attentats qu’en est-il ? Nous avons ici à Montpellier archivé tous les témoignages de soutien et d’espérance qui ont été déposés aux pieds des Trois-Grâces. Se pose alors la question de l’accompagnement de nos concitoyens rescapés ? Mais aussi de la gestion de la mémoire de nos concitoyens assassinés ou rescapés ? ».

La parole est donnée ensuite à Monsieur le vice-doyen de la faculté, Michel Voisin, après avoir posé les repères historiques des locaux qui accueillent le colloque s’intéresse à ceux de la névrose post-traumatique :

« Notre faculté, dont nous allons célébrer le 800ème anniversaire en 2020, s’est installée en ces lieux en 1793. Ils furent toujours dédiés à l’enseignement, puisque, dès la construction du monastère Saint-Benoit, au 14ème siècle, les effectifs de cette maison étaient constitués pour moitié, de moines bénédictins, bien entendu, mais pour une autre moitié, d’étudiants en Droit canon.

« Etant moi même, enseignant de pédiatrie, je suis peu familier avec la thématique que vous allez aborder cet après-midi, mais par un heureux hasard, la séance publique de l’académie des sciences et des lettres de Montpellier fut consacrée, lundi, à la névrose post-traumatique, avec une brillante conférence de notre confrère, André SAVELLI qui a été professeur de neuropsychiatrie à l’hôpital du Val de Grâce. Il nous a rappelé qu’il était aisé d’identifier cette pathologie post-traumatique dans l’histoire, le syndrome de répétition détectée sur Lucrèce, la phobie de Charles VII après un accident survenu à la Rochelle, ou celle de Charles IX traumatisé par les massacres de la Saint Barthélémy, ou encore chez Blaise Pascal dont toute l’œuvre fut marquée par l’accident de carrosse survenu sur le pont de Neuilly. Si nous devons la première description de la névrose post-traumatique à Oppenheim en 1884 à la suite d’accidents ferroviaires, se sont les guerres du Vietnam et du Golfe qui ont fait prendre conscience de l’étendue du problème. Avant on ignorait le problème : les victimes des guerres mondiales enfouissaient leurs souvenirs tragiques et se taisaient. Ce n’est qu’à partir, de 1992 que la névrose post traumatique a été considérée comme une blessure et non plus comme maladie ouvrant droit donc à l’indemnisation en tant que telle.

Mais André SABELLI a pris aussi un contre-exemple celui d’Henri Laborit qui après deux traumatismes majeurs, la mort de son père,  à 32 ans,  victime du tétanos en Guyane et le naufrage de son torpilleur en mai 40 à Dunkerque, a développé, non pas à une pathologie, mais une sublimation avec des découvertes médicales essentielles ».

Monsieur Hussein  BOURGI, représentant Madame Carole DELGA, la présidente de la région Occitanie/Pyrénéens –Méditerranéerappelle que le sujet traité lors de ce colloque n’est pas un sujet nouveau, mais bien un « sujet très ancien avec lequel chaque français, ou chaque française a pu être familiarisé grâce à une figure emblématique, qui est Mme Françoise RUDETZKI, que nous avons tous et toutes eu l’occasion d’entendre, de voir ou de lire, une fois au moins dans notre vie. Aujourd’hui, nous traitons ce sujet, qui est un sujet difficile, il convient de nous rappeler combien les risques d’attentats sont réels  et  présents, combien les victimes sont nombreuses et qu’après l’émotion du public, la ferveur populaire et les manifestations de rue, il ne faut pas que ces victimes retombent dans l’oubli. Il y a ces victimes qui malheureusement perdent la vie, il y a ces victimes qui perdent un membre de leur famille, qui peuvent être aussi traumatisées, non physiquement mais psychologiquement. Il y a ces hommes et ces femmes, nos concitoyens, nos compatriotes,  qui sont victimes de ces attentats et qu’il faut accompagner, qu’il faut informer, qu’il faut parfois visiter sur leur lit d’hôpital, qu’il faut aller aider à faire valoir leurs droits et leur statut de victimes.

Parce qu’effectivement, il faut qu’il y ait une reconnaissance de la société, une reconnaissance de l’Etat, de chacune de ces victimes, mais ces victimes elles aspirent aussi, une fois que cette reconnaissance leur a été accordée, par l’Etat, à retrouver une vie normale, à se reconstruire, à se ressourcer, ce que l’on appelle la résilience.  Et il y a ici dans cette salle, des médecins, des juristes, qui sont là pour justement  accompagner ces victimes à court, moyen et long terme.

Chaque victime nécessite un accompagnement qui est complètement différent, en fonction de son caractère, de ses forces, de son état psychologique, de ses besoins mais toujours est-il qu’après l’accompagnement juridique, l’accompagnement médical, après l’accompagnement psychologique, vient le moment  de la réinsertion sociale, se réhabituer à vivre comme avant. Et c’est la raison pour laquelle nous savons tous que, quelle que soit notre place, quelle que soit notre fonction, quelle que soit notre responsabilité dans cette société, nous avons une part à prendre dans ce travail titanesque qui doit nous conduire à agir lorsque c’est le moment opportun, lorsque le besoin  s’en fait ressentir, dire à nos concitoyens, auxquels nous avons témoigné notre solidarité, notre émotion au moment des attentats ou au lendemain de ceux-ci, que lorsque que les cameras s’éloignent, la pression médiatique s’éteint, la solidarité nationale reste toujours là et c’est la raison pour laquelle je tenais tout simplement, avec des mots qui peuvent vous paraitre banals à vous remercier, vous qui avez fait le choix, avec votre association « Défense et réparation du dommage corporel », de travailler sur ce sujet et de l’approfondir, parce que ce sujet mérite d’être connu très précisément.

Il faut effectivement accompagner les victimes dans leurs relations avec les services de l’Etat, et je sais que l’Etat fait beaucoup d’efforts pour  accompagner et faciliter justement, la reconnaissance du statut de victimes de nos compatriotes, mais nous avons aussi à les accompagner dans leurs relations avec les assurances, dans leurs relations avec leur employeur, avec un organisme bancaire et c’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’hommes et de femmes qui connaissent très précisément les dispositifs afin que les victimes ne soient pas prises dans un maquis juridique qui les prive de tous leurs droits.

Nous avons besoin d’hommes et de femmes qui se spécialisent dans ce domaine et en tous les cas je tenais à remercier, Maître SZWARC pour cette initiative, que je salue. Nous avons aussi besoin d’avoir des médecins, des psychologues pour accompagner la société. Et moi, en en ma qualité de conseiller régional  qui siège en particulier dans les lycées, je peux mesurer lorsque survient un drame aussi minime soit-t-il dans un établissement scolaire, dans un lycée, combien la présence des cellules psychologiques, mises en place et mobilisées par le rectorat sont utiles, pour permettre à une parole de s’exprimer, celle de la victime mais aussi celle des tiers qui ont eu connaissance d’un drame survenu dans l’établissement. Donc merci beaucoup à vous tous, médecins, psychologues, qui êtes là et j’aperçois dans la salle, les représentants des services de l’Etat, les représentants des pompiers et finalement, c’est cette formidable chaine humaine qui doit nous permettre à chacun et chacune d’entre nous de prendre notre part  et toute notre part, pour faciliter la vie de celle et ceux de nos concitoyens, de nos compatriotes qui sont concernés et impactés par ces attentats. Sachez qu’au niveau de la région, nous sommes à votre disposition, si vous êtes amenés à renouveler ce genre d’expérience, ce genre d’initiative, à prendre des initiatives plus régulières, qui concernent d’autres territoires de la région, nous sommes tout à fait disponibles pour vous accompagner, parce que vous faites œuvre utile au service de la cohésion sociale et du pacte républicain qui nous lie, toutes et tous, merci à toutes et à tous ».

Monsieur MahamadouDIARRA, Directeur de cabinet, représentant Monsieur le préfet de l’Hérault, revient sur l’avant et l’après l’attentat.

« Dans un premier temps effectivement, lorsque le pays a été frappé à partir de 2012, par une nouvelle vague d’attentats, principalement liée à l’Islam radical et aux djihadistes. Avant l’attentat, donc, l’enjeu pour les pouvoirs publics, pour les services de l’Etat, les services de secours, les services notamment sanitaires, les services d’incendie et de secours, a été de se préparer à travers une campagne d’exercices qui a été menée partout sur le territoire national, et tout récemment à Montpellier, en novembre 2017 à la gare.

Pendant l’attentat bien évidemment, un dispositif est mis en place sous le pilotage du Préfet de département avec l’activation du centre opérationnel départemental et implique l’ensemble des acteurs qui sont mobilisés dans la préparation aux risques d’attentats.

Après l’attentat, c’est une phase d’une intense complexité et c’est l’objet de cette conférence. Je vais évoquer ce qui est mis en place par l’Etat pour essayer de contribuer justement à la prise en compte de l’après attentat. Donc au niveau national, a été mise en place une délégation interministérielle d’aide aux victimes. La mise en place d’une telle délégation a en quelque sorte deux enjeux. Le premier, c’est l’idée, bien évidemment de s’inscrire dans la durée, puisque la menace est durable, il faut se le dire et puis, malheureusement, la situation des victimes d ‘attentats, est durable, on ne peut pas considérer que l’on est sur quelque chose de purement événementiel. Le deuxième, c’est que la réflexion et le travail qui ont été mis en place à la suite des attentats terroristes peut nourrir également les réflexions concernant l’ensemble des accidents collectifs. Ainsi la délégation interministérielle suit l’ensemble de ces enjeux, parce que l’ensemble du travail qui est mené peut nourrir également le travail sur les accidents comme celui de la Germanwings ou même tout récemment, de Millas.

Cette délégation interministérielle a mis en place un plan d’action autour de quatre axes majeurs. Tout d’abord, la résilience des victimes. L’un des enjeux de la résilience, c’est également la réinsertion et notamment le retour à l’emploi, le retour à l’école des étudiants, des élèves. Le deuxième axe a pour ambition de développer et amplifier le service public d’aide à la victime avec notamment le développement d’outils numériques pour prendre en compte, pour aider les personnes à s’informer donc, de manière tout à fait concrète, au niveau territorial. Le troisième axe a pour but d’harmoniser les règles  d’indemnisation de toutes les victimes. Je pense que vous allez y venir dans le détail. On est quand même confronté à une très grande diversité des dispositifs de prise en charge des victimes, une diversité de statut juridique des victimes. Et enfin le quatrième axe est celui de construire une politique européenne et internationale d’aide aux victimes. Alors moi, je vais revenir sur le deuxième axe, celui de développer et amplifier le service public d’aide aux victimes. Il nous a été demandé de créer dans l’Hérault un comité local d’aide aux victimes. C’est en mars 2017 que ce comité a été mis en place par le préfet de l’Hérault. On s’est vite rendu compte qu’on pouvait élargir le domaine de compétence du CLAV à l’ensemble des accidents collectifs. Ainsi, si dans l’Hérault est commis un attentat terroriste ou survient un accident collectif majeur, le préfet, dans les jours qui suivent cet accident collectif ou cet attentat, réunira cette instance de manière à coordonner l’action de chacun des acteurs compétents dans le suivi de la prise en charge des victimes. Donc voilà pour ce qui est de l’enjeu structurel du dispositif institutionnel de cette prise en charge des victimes.

Dans l’immédiateté directe et là je veux insister, c’est important de souligner le travail conduit avec les collectivités. On a créé un Centre d’Accueil des Familles des victimes, c’est une structure qui permet dans les jours qui suivent l’attentat ou l’accident collectif majeur de prendre en charge les familles des victimes par les services de secours et le corps médical et de les informer. Alors pourquoi je me tourne vers les collectivités ? Dans ces moments effectivement, on se retourne vers les collectivités souvent pour qu’elles mettent à disposition des locaux ou pour aider à mobiliser les associations et les différents acteurs. Je sais que dans le département de l’Hérault, on peut tout à fait compter sur la mairie de Montpellier ou sur le Conseil Régional, comme on a pu le voir tout dernièrement. Donc voilà sur les dispositifs mis en place  par les services de l’Etat pour essayer de répondre à cet enjeu majeur.

Je voudrais finir en citant quelque exemples concrets, même si pour l’instant le département de l’Hérault n’a pas été frappé directement par des attentats terroristes, même si et ce n’est pas un secret de polichinelle, certains actes ont été déjoués par le passé, on a eu, bien évidemment, des personnes qui ont été directement concernées par des attentats, ailleurs, et qui vivent dans le département de l’Hérault. Notamment une famille qui a été concernée par l’attentat qui a eu lieu cet été en Espagne et qui a été prise en charge notamment grâce à la forte mobilisation de la délégation interministérielle, de notre délégué du préfet et de l’Education nationale puisque dans ce cas précis, tout a été mis en place pour que l’enfant, qui a été touché par cet attentat, puisse bénéficier d’une scolarité adaptée. Enfin en élargissement la thématique au-delà du sujet des attentats, on a eu à répondre aux enjeux de l’ouragan IRMA puisque plusieurs des familles touchées par l’ouragan sont venues s’installer dans l’Hérault. A titre d ‘exemple, pour donner un chiffre précis 7600 euros ont été mobilisés pour les premiers secours de ces personnes, c’est ainsi 41 personnes qui ont été prises en charge dans le département de l’Hérault à la suite de l’ouragan IRMA et des intempéries qui ont concerné nos outre-mer. Donc je vous remercie de nous avoir invités, je vous souhaite d’avoir des échanges les plus constructifs possibles et en tous les cas sachez que vous pourrez compter sur les services de l’Etat pour vous accompagner dans cette démarche et s’il y a le moindre problème, bien évidemment, on répondra toujours présent parce que c’est ensemble que l’on prend en charge, avant, pendant et après l’attentat ou un accident collectif majeur ».

La parole est ensuite donnée à Madame Françoise RUDETZKI, présidente fondatrice de SOS Attentat :

« Bonjour à tous et merci à Catherine SZWARC, c’est à mon vieux complice Claude LIENHARD que je dois l’honneur de cette invitation. Je vais répondre à une question immédiatement, sinon tout le monde va me la poser : SOS Attentat a été créée fin 1985 et cette association n’existe plus depuis 2008. Cela fait partie de tout un processus psychologique que connaissent bien les psychiatres et les psychologues. De la fin des années 90 à 2008 on a été dans le déni. Lorsque j’ai commencé mon combat en 1985, on nous disait qu’on en avait fini avec les attentats, on me l’a redit plusieurs fois. On n’avait plus eu d’attentats de masse comme en 1986, 1995, 1996.  Les hommes politiques affirmaient: «Le terrorisme est derrière nous !». Je me suis battue pour une reconnaissance du droit des victimes, on m’a dit qu’on allait nous accorder des droits «à titre gracieux». Heureusement, j’avais une formation de juriste et j’ai répondu que je voulais un texte de loi! Par ailleurs, ce n’était plus de toute façon à l’association de victimes de s’occuper du présent, du futur : c’était à l’Etat de s’impliquer et pérenniser l’action menée par l’association de victimes. J’ai donc préféré proposer la dissolution de l’association, dans la mesure où il n’y avait personne pour reprendre le flambeau. Voilà, mais j’ai dit que je me m’impliquerai ailleurs et autrement. C’est ce que j’ai fait.

Je suis restée au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorismes qui a été créé en 1986 et auquel j’appartiens toujours en dépit de mon âge et j’avais des projets dont je vais vous parler, puisque les avocats, les juristes présenteront les dispositifs mis en place. En février 2016, très peu de temps après les attentats du 13 Novembre, à l’occasion d’une rencontre avec le président de la République de l’époque Monsieur Hollande, j’ai proposé la création d’un centre de ressources et de résilience. Le président m’a chargé de lui remettre un rapport. J’ai reçu, de la part de Madame Méadel, une lettre de mission le 3 juin et j’ai donc commencé à travailler à partir de septembre jusqu’en décembre. J’ai auditionné 90 personnes avec l’aide de l’Inspection des Affaires Sociales et le 5 Février 2017, j’ai remis mon rapport au président. Je craignais que ce rapport reste dans un tiroir ! Après l’élection du nouveau président, j’ai croisé M. Macron au mois de juin, je lui ai expliqué en deux  minutes que j’ai fait un rapport, que j’aimerais bien qu’il ne reste pas un tiroir et trois jours après, ses conseillers m’ont reçue. Je leur ai exposé mon projet. Et le 10 novembre 2017 lors d’un comité interministériel à l’aide aux victimes, j’ai eu la bonne surprise de lire que l’axe prioritaire de l’aide aux victimes serait pour 2018  la création d’un centre de ressources et de résilience . Aujourd’hui je ne peux rien vous dire de plus. C’est une priorité. Ce centre verra le jour. Madame Pelsez, la nouvelle déléguée interministérielle à l’aide aux victimes, s’est emparée du sujet comme Madame Buzyn. Il faut que les deux ministères apprennent à travailler ensemble ce qui n’est pas toujours facile.

Après les attentats des années 1980 il avait eu, bien sûr, la création du Fonds de garantie d’aide aux victimes d’actes de terrorisme. Quatre ans après 1990, la compétence du  Fonds de garantie est étendue aux victimes d’infractions pénales. Puis en 1990, le statut de victime civile de guerre et le statut de pupille de la Nation a été accordé avec un effet rétroactif. On parlait de mémoire tout à l’heure, un mémorial a été construit aux Invalides à l’Hôtel National des Invalides. Pour ceux qui ne connaissent pas Paris, c’est ce gros dôme doré, l’endroit où il y a les plus grands enterrements et hommages rendus par la Nation soit à des personnalités soit à des personnes victimes d’attentats. Dans ces lieux, on trouve également un hôpital militaire, l’Office National des Anciens Combattants et victimes de guerre, dont on va voir le rôle. Ce mémorial est dédié à toutes les victimes du terrorisme. Il a été inauguré en 1998 par le président Chirac et le premier Ministre Jospin. Toute la Nation était présente, les autorités civiles et militaires. Cette statue-fontaine est parfois violente pour certains et pour d’autres très réelle. Elle représente une femme qui porte sa tête dans sa main, elle est donc décapitée. On voit que ses paroles continuent à sortir de sa bouche cela signifie que la parole des victimes est portée au-delà de la mort. Cette sculpture est également une fontaine, car l’eau est le symbole de la vie dans toutes les civilisations. On souhaitait que cette statue ne porte aucun nom car nous pressentions à « SOS Attentats » qu’il y aurait bien d’autres morts et nous ne souhaitions pas continuer à graver des noms. C’est une statue dédiée à toutes les victimes. Elle a été payée, pour moitié, par toutes les victimes, et pour l’autre moitié par l’association des « Gueules cassées », association qui a été créée après la guerre de 14-18 pour ces blessés de guerre qui revenaient la gueule cassée, défigurée. Ils ne pouvaient pas se réinsérer et donc un château avait été construit afin qu’ils puissent travailler dans les champs, aux alentours de Paris et près de Roissy. Cette association nous a aidé parce que nous avions déjà, à travers une étude, constaté que les séquelles des victimes des attentats étaient comparables aux blessures de guerre, que ce soit au plan physique (os explosés) ou psychique.  Ce mémorial pour nous, à « SOS Attentats », portait le message que l’on allait avoir une nouvelle forme de guerre, qui toucherait une population civile en temps de paix mais que la vie continuait. C’était le premier pas vers cette résilience que je souhaite porter à travers de ce centre de ressources et de résilience.

S’agissant de la résilience, ce sont les travaux de Boris Cyrulnik qui ont introduit en France cette notion. Elle recouvre des acceptations différentes : son emploi peut être médical mais peut aussi s’appliquer à une société résiliente dans son ensemble, qui parvient à rester debout en dépit des violences extrêmes qu’elle peut subir. La résilience, pour ma part, regarde la personne dans sa globalité, la société dans toutes ses dimensions. C’est la capacité d’un pays, d’une société ou des pouvoirs publics à résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeure puis à rétablir rapidement sa capacité de fonctionner normalement et à tout le moins dans un monde socialement acceptable. Elle concerne non seulement les pouvoirs publics, les acteurs économiques mais aussi la société civile, c’est-à-dire chacun d’entre nous.

Pour moi également, ce qui a motivé mon idée de centre de ressources et de résilience, c’est que la santé des personnes est au cœur même de la résilience, des victimes mais également des intervenants. Et ces intervenants et victimes ont vécu, chacun à leur place des chocs, des actes intentionnels commandités pour assassiner des personnes. Certaines personnes sont impliquées parce qu’elles se sont trouvées aux abords d’un lieu ou impactées directement. Si les droits à l’indemnisation ne sont pas les mêmes en fonction des situations, toutes les victimes et les intervenants, doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits aux soins, c’est la condition, pour moi, de la résilience pour chacune d’entre elles. C’est aussi un devoir de solidarité nationale. Alors trouver les bons gestes et les bons mots dès les premiers instants a un impact psychique avéré et le parcours de la résilience des personnes est déjà en jeu. Des failles dans l’organisation des équipes, des maladresses verbales ou des gestes inappropriés peuvent avoir de lourdes conséquences sur le chemin de la résilience de ceux qui vont revivre parfois pendant des années ou toute une vie ces heures dramatiques.

La prise en charge par les cellules psychologiques créées par Xavier Emmanuelli, sur la base des études épidémiologiques que nous avions fait mener, n’ont pas fonctionné tout de suite en 1995, mais l’élan avait été donné par le président Chirac qui était venu sur les lieux de l’attentat du Boulevard Saint-Michel. Le relais, et je laisserai le responsable des CUMP vous expliquer leur fonctionnement, est une particularité tout à fait française. Il y a le relais entre les CUMP et les services de soins ou les services sociaux. Ce relais médical et socio-médical, dont l’agence régionale de santé est un acteur, tente d’organiser cette continuité des soins.

Après cette intervention des CUMP, il faut passer le relais à des autorités en psychiatrie comme les centres médicaux psychologiques ou les praticiens libéraux. Les professionnels et les victimes soulignent non seulement l’importance de la continuité de ces soins mais également la nécessité de maintenir un lien, avec la même équipe tout au long du parcours de résilience. Or cette approche pose des problèmes et des questions : la proximité et donc l’accessibilité aux soins notamment, dans le cadre de la mobilité géographique des personnes. Ce mode de prise en charge continu permet d’écarter, pour les victimes, tout sentiment d’abandon. L’organisation des soins au-delà de l’immédiat et du post-immédiat pose des difficultés aussi en raison des déserts médicaux. Les pédo-psychiatres, les spécialistes en pathologie post-traumatique de l’enfance et de l’adolescence ont vu leur effectif diminuer de moitié depuis ces dernières années. Par contre, on a vu augmenter le nombre de psychologues et de psychothérapeutes. Ensuite, il y a le relais psycho-social qui met en lumière les liens et les interactions permanentes entre les processus psychologiques et sociaux qui sont un des aspects de la résilience.

Il n’y a pas de résilience sans un accompagnement, un environnement social bienveillant et la réinsertion professionnelle ou un accompagnement en milieu scolaire. Apporter un accompagnement social c’est aussi une exigence particulière pour les enfants. Je voudrais ici parler de l’attentat de Nice et des travaux du professeur Florence Askénazy qui dirige l’hôpital de Lenval. Le service de pseudo-psychiatrie a reçu 2500 enfants à la suite des événements de Nice, je parle donc des enfants qui habitent Nice ou sa région, pas de ceux qui sont repartis  vers l’étranger ou vers d’autres régions. Elle a mis en évidence des troubles qui sont particulièrement inquiétants car effectivement des femmes enceintes, en fin de grossesse, ont mis au monde des enfants qui, déjà, tout de suite après leur naissance, présentaient des pathologies particulières.  Par ailleurs, les bébés nés avant l’attentat mais qui étaient sur les lieux ou dont les parents présentent des troubles stress post-traumatique sont à leur tour atteints de troubles particuliers comme l’anorexie, des troubles du comportement et, à l’école, on a constaté de nombreux dysfonctionnements de la scolarité. D’ailleurs, à mon sens, les enseignants n’ont pas été formés à percevoir ces pathologies, ces enfants parfois ne disent pas un mot, ne causent pas de problème au niveau scolaire mais leur comportement n’est pas tout à fait celui que l’on pourrait attendre d’enfants de six à dix ans. Alors un centre national de ressources et de résilience permettrait ainsi de briser le tabou des douleurs invisibles. Face à ces problèmes, l’éducation nationale reste pour moi beaucoup trop en retrait.

Il y a un acteur qui n’a pas été mentionné, c’est l’Office National des Anciens Combattants des victimes de guerre qui dispose de services départementaux. Cet Office accompagne les enfants qui bénéficient du statut de pupille de la Nation. Le processus est que tout enfant moins de 21 ans peut s’il a été victime d’un attentat, ou dont l’un des parents est décédé suite à un attentat ou blessé (sous certaines conditions) être adopté par la Nation, avoir un accompagnement et des aides sociales que le bureau départemental fournira à chaque stade de la vie. Cette action vient en complément de ce que verse le Fonds de garantie et les aides sociales, donc c’est un acteur important. Ce centre à mon sens, encore une fois, devrait être un stimulateur d’énergie, veiller sans cesse au respect des engagements pris, il devrait être l’expression d’une volonté, sans faille et surtout veiller à la pluridisciplinarité de ce suivi. Enfin, il devra également avoir un rôle international avec des coopérations bilatérales/multilatérales avec les organes de l’OMS.

A ce sujet, le Fonds de garantie organise, la semaine prochaine les 15 et 16 Mars, une réunion avec des homologues en charge de l’indemnisation des victimes dans chaque pays Européen. Rien d’équivalent avec la loi française on le verra, il existe quand même des prises en charge pour les victimes d’attentats ou d’infractions pénales en Europe et l’idée de Monsieur Rencki, directeur du fonds de garantie qui organise cette réunion, c’est d’arriver à la création de fonds de garantie de victimes d’attentats et d’infractions pénales qui permette dans toute l’Europe une indemnisation intégrale de tous les préjudices. Donc l’Europe se met quand même un petit peu en marche. Le centre de la résilience devra cartographier l’offre que tous les professionnels, acteurs de l’aide aux victimes peuvent proposer, mais aussi les besoins, pour les victimes, pour les professionnels, les formations qui existent, un petit peu partout en France. Donc, ce centre de ressource centralisera toutes les offres, j’espère ! Toutes les offres de formation, tous les types de soins et je pense qu’il faudra qu’un comité scientifique se constitue pour permettre de créer une sorte de labélisation des thérapies innovantes.

L’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing) n’est déjà plus une thérapie innovante mais vous avez différentes méthodes d’EMDR, vous avez différentes méthodes de sophrologie, d’art thérapie. Le fonds de garantie peut être amené à financer certaines thérapies mais à la condition qu’elles ne soient pas contrôlées par des gourous, des personnes qui véhiculent des méthodes plutôt liées à ce que font les sectes et donc mon souhait est qu’un comité scientifique puisse labéliser ces différentes thérapies puis ensuite, que le fonds de garantie assure leur prise en charge. Donc là aussi, je pense, ce sera un travail qui permettra d’améliorer la prise en charge des victimes et des intervenants, je n’en démords pas : les deux !

Il faudra, bien-sûr, une plate forme numérique, il faudra dernier point important,  développer la recherche. La recherche est fondamentale en la matière, il n’y a pas suffisamment de recherche, je pense que ce centre devra initier de nouvelles recherches, centraliser celles qui sont en cours. Je citerais quelques exemples de recherche. Vous avez « I.M.P.A.CT.S. » qui a été une étude sur les victimes des attentats de janvier 2015 (les proches des victimes, les blessés, les impactés, les équipes de soins, les intervenants, les pompiers, les policiers, les voisins, toute la population qui a pu être touchée aux abords de l’hyper-cacher et du journal Charlie Hebdo etc.…). Les pompiers, au moins les sapeurs-pompiers de Paris ont eu l’obligation, c’était un ordre du Général de participer à cette étude et ont eu l’obligation de se soumettre à quelques heures de thérapie. Ce qui n’a pas été le cas pour les policiers qui ont plus hésité à répondre aux questionnaires de l’étude et moins tenté de se soigner, bien que la confidentialité des propos était garantie, sans doute ce comportement s’explique par la crainte de la hiérarchie, c’est dommage !

Ensuite, l’« ESPA » (Enquête de santé publique post-attentats), deuxième étude menée. Les premiers résultats vont tomber le 17 mars. L’équipe de Santé Publique France viendra présenter les premiers éléments.

Il y a un autre programme celui de Denis Peschanski et Francis Eustache, c’est une recherche transdisciplinaire qui s’appelle « REMEMBER ». Je vous laisse aller voir sur le site, c’est une étude qui se déroulera sur douze ans.  Je pense que c’est sur la mémoire individuelle et collective, c’est assez passionnant les IRM des victimes révèlent des traces du stress post-traumatique sur l’imagerie du cerveau.

Ensuite, il y a l’étude à l’essai de Florence Askénazy, sur les enfants  de 0 à 18 ans et qu’elle voudrait prolonger jusqu’à 25 ans sur tous les enfants, c’est une étude jamais menée à ce jour dans le monde. Cette étude sera pour les professionnels, une source de connaissance et qui permettra de mieux traiter et prévenir ce genre de troubles.

Ensuite il y a une étude mené par Alain Brunet sur les traitements médicamenteux que sont les bétabloquants, je vous laisse voir cela aussi, je ne suis pas une spécialiste. D’autres études ont été menées à l’étranger, une étude importante se termine en Norvège, à la suite de la fusillade d’Utoya en juillet 2011, d’autres aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et en Israël également.

Des centres de la résilience ont été créés. Il y en a dans différents pays et je crois que la France a intérêt à créer ce centre National qui sera un centre à Paris mais j’espère avec des antennes dans les régions, d’abord celles ont été touchées et ensuite dans d’autres régions pour être au plus près des victimes.

Il y a juste un point que je n’ai pas abordé mais cela serait un vaste sujet, c’est le traitement du deuil, le deuil des adultes, des enfants j’en parle dans mon rapport accessible sur internet ou encore le retour à l’emploi. Je terminerai par la résilience individuelle ou collective, c’est le ciment de la république ! C’est notre réponse face au terrorisme comme la justice est une réponse face au terrorisme. En ce moment se déroule le procès de Carlos qui a commis à mon sens le premier attentat, hors guerre Algérie contre des populations civiles, c’était le 15 Septembre 1974. Comme quoi on ne doit jamais désespérer pour attendre justice ! Le but étant bien évidemment à travers la justice, à travers la résilience, à travers l‘indemnisation, tout le travail accompli par tous les acteurs, de sortir la victime de son statut de victime. Ce n’est pas parce qu’il y a ce fameux statut de victime civile de guerre, pour l’heure c’est malheureusement le terme utilisé, mais je ne l’aime pas, il donne cependant des droit sociaux aux victimes, la résilience c’est tout cela à la fois et ce qui est notre réponse face à ce qui est la violence, cette nouvelle forme de guerre.