Claude Lienhard

Avocat spécialisé en droit du dommage corporel
Professeur émérite à l’Université de Haute-Alsace
Directeur honoraire du CERDACC

 

Un suicide, une tribune publiée par le Monde, burn out, souffrance, sous-effectifs et finalement une révolte froide qui dénonce une justice qui se déshumanise, une justice au quotidien désormais maltraitante.
Il faut écouter et entendre.

« Cest pourquoi nous, magistrats judiciaires, qui ne prenons que très rarement la parole publiquement, avons décidé aujourdhui de sonner lalarme. Autour de nous, les arrêts maladie se multiplient, tant chez les nouveaux magistrats que chez les magistrats plus expérimentés. Limportante discordance entre notre volonté de rendre une justice de qualité et la réalité de notre quotidien fait perdre le sens à notre métier et crée une grande souffrance. A LIRE ICI »

Même constat chez Jean-Marc Sauvé, président du comité indépendant des États généraux de la justice :

« Quelle réaction vous inspire le succès de la tribune publiée dans Le Monde ? »

Cette tribune est impressionnante à lire. Mais la relation orale des conditions de travail des magistrats lest plus encore. Nous avons rencontré, mardi 7 décembre, une délégation de neuf de ses premiers signataires. Ce sont de jeunes magistrats, en poste depuis trois ou quatre ans. Cest une expérience très singulière de les entendre. Avec des vécus professionnels tous différents, ils expriment un même mal-être, une même souffrance, et cette désespérance évoquée par la première présidente de la Cour de cassation. 

Jai entendu un mot auquel je ne mattendais pas du tout dans ces circonstances, celui de « honte ». Ces magistrats du siège ou du parquet ont une conscience extrêmement vive du fait que le travail quils fournissent nest tout simplement pas en adéquation avec ce quil devrait être, au regard des principes enseignés, tels que l’écoute des parties ou la motivation des jugements. On est loin dun respect plein et entier de principes juridictionnels auxquels nous sommes tous attachés. » A LIRE ICI

Autrement formulé, il y a le feu aux palais de justice comme sans doute aussi dans les hôpitaux. Nos services publics, ici régaliens, s’effondrent car les femmes et les hommes qui en sont l’âme sont dans un total épuisement. Certes, leur sens des responsabilités évite chaque jour des désastres individuels et collectifs.

Les constats sont clairs et largement partagés.

Dans quelques mois nous ferons des choix électifs essentiels, ils ne peuvent pas éluder la question de l’avenir de la Justice rendue au nom du peuple français. En notre nom. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Dans cet océan de grisaille relevons un belle lueur d’espoir c’est la création le 30 novembre 2021 de l’Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice (IERDJ), groupe de réflexion et laboratoire de recherche sur le droit et la justice.

 Comme l’indique la présentation sur le site du ministère de la justice, l’IERDJ a pour ambition d’améliorer la prise en compte des attentes des citoyens dans le champ du droit et de la justice, mais également leur compréhension des réponses juridiques et judiciaires. Il répond aussi au besoin de lier réflexion et action, en réunissant dans un même lieu recherche fondamentale et prospective autour de toutes les professions du droit et de la justice A LIRE ICI .

Bienvenue à ce nouvel acteur essentiel et à l’évidence un nouveau partenaire potentiel  pour le Cerdacc.